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Histoire de la reine du Matin et de Soliman, prince des génies |
Gérard de Nerval
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Collection : Petite Bibliothèque Ombres | Numéro : 32
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160 pages. | Année : 1994 | Prix : 9.00 €
GENCOD : 9782905964922
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À la fin de 1842, Gérard de Nerval s’embarque pour l’Orient qu’il visite un an durant et dont il tirera la matière de son Voyage en Orient, publié seulement en 1851. C’est dire que ce voyage littéraire, est d’abord un voyage revécu et, par là même, reconstruit : les lieux s’ordonnent plus selon une nécessité symbolique qu’en vertu d’un parcours géographique rigoureux. Très vite le voyage nervalien se détourne du réel pour s’attacher aux mythes que véhicule l’Orient : des récits s’intègrent alors au récit-cadre dans la plus pure tradition des Mille et une Nuits. Mais ces épisodes ne sont jamais sans relation étroite avec le narrateur et ses songes. Ce très long récit qui rapporte les amours de Balkis, la légendaire reine de Saba, avec Adoniram, constructeur du Temple de Salomon à Jérusalem et mythique fondateur de la franc-maçonnerie a paru d’abord en feuilleton, puis fut, l’année suivante, intégré dans la première édition du Voyage en Orient (1851).
« Pour servir les desseins du grand roi Soliman Ben-Daoud, son serviteur Adoniram avait renoncé depuis dix ans au sommeil, aux plaisirs, à la joie des festins. Chef des légions d’ouvriers qui, semblables à d’innombrables essaims d’abeilles, concouraient à construire ces ruches d’or, de cèdre, de marbre et d’airain que le roi de Jérusalem destinait à Adonaï et préparait à sa propre grandeur, le maître Adoniram passait les nuits à combiner des plans, et les jours à modeler les figures colossales destinées à orner l’édifice.
Il avait établi, non loin du temple inachevé, des forges où sans cesse retentissait le marteau, des fonderies souterraines, où le bronze liquide glissait le long de cent canaux de sable, et prenait la forme des lions, des tigres, des dragons ailés, des chérubins, ou même de ces génies étranges et foudroyés..., races lointaines, à demi perdues dans la mémoires des hommes. »
Table des matières
Notice sur le texte - Histoire de la reine du Matin et de Soliman, prince des génies - Notes de l’éditeur - Bibliographie.
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Gérard de Nerval
Gérard Labrunie, dit Gérard de Nerval (Paris, 1808 – id., 1855). Il publia très jeune ses premiers vers, des Élégies nationales et une traduction du Faust de Goethe. Avec Pétrus Borel, il fonde le « petit cénacle », noyau du mouvement « Jeune France », aile marchante du romantisme en lutte. En 1832, il connut la prison pour avoir manifesté ses convictions républicaines. Deux ans plus tard, au retour d’un voyage en Italie, il fonda Le Monde dramatique destiné à soutenir Jenny Colon, une actrice dont il était amoureux. Nerval, qui n’a encore écrit que des articles de critique, part ensuite pour l’Allemagne, en compagnie d’Alexandre Dumas. Ensemble, ils écriront un drame, Léo Burckart, représenté en 1839. C’est en 1841 que la raison de Nerval se déchira pour la première fois. Le séjour qu’il fit alors dans une maison de santé, puis la nouvelle tragique de la mort de Jenny Colon contribuèrent à faire germer en son esprit le désir de fuite. Il partit alors pour un long voyage en Orient qu’il décrivit avec lyrisme et mystère (Voyage en Orient, 1848-51). À son retour, il reprit ses activités de journaliste et de librettiste, jusqu’en 1851. Interné à plusieurs reprises, il écrit ses plus beaux livres, Lorély (1852), Les Illuminés (1852), Les Filles du feu (1854), les sonnets des Chimères (1854), Les Petits Châteaux de bohème, Promenades et souvenirs et Aurélia ou le Rêve et la vie (1865), entre deux séjours dans la maison de santé du Dr Blanche à Passy. Sur sa demande, les amis de Nerval obtinrent de la Société des Gens de Lettres, en 1854, la « remise en liberté » du poète. Ce dernier eut alors à faire face, au sein de l’hiver parisien, à une double détresse matérielle et mentale. Le 26 janvier 1855, à l’aube, on le trouva pendu dans la rue de la Vieille-Lanterne.
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